Escaper de Beal : le test !

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L’escalade en grande voie, par comparaison avec la pratique sur couennes,  génère un plaisir souvent amplifié par la hauteur. Et où la notion de cordée reprend tout son sens.
Elle nécessite aussi un apprentissage plus long, en particulier concernant les manœuvres de corde, la conception d’un relais et l’assurage d’un partenaire en paroi. L’organisation du matériel à emporter et la gestion du temps sont aussi des facteurs qui peuvent s’avérer déterminants…

Et bien sûr, il y a la descente qui fréquemment se fait en rappel. Mis à part au Verdon où elle intervient avant de grimper puisqu’on aborde la falaise par le haut, c’est le plus souvent en fin de journée qu’on aborde cette étape, en général un peu fatigué. Il est primordial donc de bien en maîtriser les étapes mais aussi de savoir s’adapter en cas de problème ou impondérable : nécessité de redescendre en urgence à cause d’une blessure ou de la météo ; corde abîmée… On entre là dans le domaine de la réchappe, où les techniques deviennent beaucoup plus pointues, voire délicates. Et requièrent un entraînement régulier.

De l’art de la réchappe

Parmi les réchappes à connaître, il y a le rappel largable. En gros, le principe consiste, après être descendu, à « éjecter » le rappel de son point haut, et non plus ravaler la corde en tirant sur un des deux brins, comme d’habitude. Cela permet de descendre sur une seule corde. On s’en sert par exemple quand un des deux brins de la corde de rappel a été détérioré.

Plusieurs systèmes existent, à base de nœuds (Dufour) ou faisant intervenir un crochet Fifi (crochet Julio). Dans cette dernière catégorie, la mise au point du système est complexe et nécessite une très grande expertise.

L’Escaper, solution ultime ?

Cela explique sans doute pourquoi la présentation de l’Escaper par la société Beal, lors du salon de Friedrichshafen l’été dernier a tant fait parler. Un système apparemment tellement simple que cela laissait dubitatif. En effet sur le principe, ce n’est qu’un machard en dyneema, tressé et cousu sur un bout de corde pourvue d’une ganse. Un fois passé dans le point de relais et installé, on y fixe un brin de corde simple sur lequel on descend en rappel. Arrivé en bas, il suffit d’imprimer des secousses à la corde pour permettre à l’élastique de rappel de détendre et faire remonter la tresse de dyneema, permettant le largage.

Simple mais pas rassurant a priori. Et pour ne rien vous cacher, nous ne faisions pas les fiers lors des premiers essais en conditions réelles

Enfin. Voyez vous-mêmes le résultat de ces tests sur la vidéo :

 

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5 réponses

  1. Jérôme dit :

    Bonjour Olivier,
    Je ne comprends pas très bien pourquoi tu conseilles de l’utiliser uniquement en réchappe ? Après tout, si on peut se faire des rappels de 60m avec une corde à simple plutôt que 40m avec une corde à double, c’est des manips en moins, donc des risques en moins ?
    D’ailleurs, en parlant de risques, quels sont les risques objectifs avec l’Escaper ? A voir la vidéo, la mise en œuvre m’a l’air d’être à la portée de tous, non ?
    Merci de tes précisions.

    • Olivier dit :

      Salut Jérôme
      merci tout d’abord pour ton commentaire.
      Tu as raison sur le principe, dans la mesure où l’Escaper est un système qui est sûr (sinon, il ne serait pas ni homologué, ni sur le marché). Par rapport à mon conseil : on voit en effet beaucoup de publications sur lesquels on voit des grimpeurs évoluer en grandes voies sur brin simple, avec éventuellement un brin fin pour tirer le sac. Mais cette manière de grimper ne convient pas pour une bonne partie des grandes voies dans lesquelles l’usage d’une corde à double est préférable (tirage, fiabilité des points d’ancrage…). en l’occurrence, dans ces cas de figure, il paraît préférable de redescendre si possible de manière classique, d’autant plus que les doubles brins de 60 m se généralisent. Ensuite, je dirais que l’escaper, bien que sûr, nécessite une grande vigilance lors de sa mise en place. Si je considère l’accidentologie en grandes voies (pas en référence à des publications précisément mais à mon expérience), il me semble que beaucoup d’accidents ont lieu durant la phase de descente, lors des rappels. Par conséquent, autant limiter au maximum les « set-up » pour les risques d’erreur de manipulation sont les plus hauts (pour l’escaper ce serait : ne pas passer la corde dans l’intégralité de la tresse, ne pas l’engager assez avant la mise en tension… par exemple).

  2. Loic dit :

    Bonjour,

    Je suis toujours ravi de voir sortir de nouveaux outils dans le monde la grimpe et de pouvoir voir leur test.

    Cela dit ici, je suis assez decus de votre test et de votre jugement pour les raisons suivantes :

    – c’est sur le marché donc c’est « safe »-→ esperont… Est ce que le cinch est fiable et safe? Oui si bien utilisé et pourtant il semblerait qu’il y ait vraimment beaucoup de mauvaises utilisations. J’ai presque envi de dire qu’on frise l’erreur de conception. Si je ne m’abuse ce type d’outil tout comme les assureurs ne sont pas des EPI donc ne on se base sur quoi pour dire il sont sûr ?? une homogation ?? quelle homologation ??uniqument les tests des fabriquants ?? Il me semble donc que vos test sont d’autant plus important surtout si une faiblesse est observée.

    – C’est a priori un appareil dont on va limiter son utilisation aux situations exceptionnelles, mais quand meme pas trop stressantes car il faut une bonne dose de lucudité pour evaluer sa fiabilité. C’est tres tres limite pour un appareil de « secour ».

    – Avec une corde tonchée, ca n’a auccun intéré puisqu’il suffit de bloquer le brin abimé pour descendre sur le brin fiable. Pourquoi utiliser cet appareil si je dois faire descendre mon binome pour vérifier que le tressage ne bouge pas et qu’au relais le ponpage sera suffisant pour l’ejection du systeme…

    – donc finalement le seul interet est de descendre sur un brin d’une corde à simple ; Cela s’adresse donc plutot au grimpeur de grandes voies de tres bon niveau mais qui n’utilisent pas de brin fin pour tracter leur sac. Ca commene à limiter les utilisateurs.

    – et quand on pourait en avoir besoin, il faut pas qu’il gele ( parcequ’on est pas trop ceratin qu’il ne va pas y avoir de glissement), on peut aussi se demander si le tressage ne se bloque pas si le systeme est gaugé d’eau apres une averse, et on se demande en terrain scabreux si le tirage va pas empecher le systeme de se liberer ou si le relachement de la tention ne va pas liberer le systeme.

    Pour finir j’ai l’impression que vous cachez toutes ces limitations de l’outil derriere l’expertise de l’utilisateur et je trouve ca un peu domage par ce que l’expert à lui aussi besoin d’outil fiable avec la plus grande plage d’utilisation possible

    Bilan :
    On a un outil de rechap qui a finalement a été testé uniquement dans des conditions idéales qui ne sont probablement pas les conditions « normales » d’utilisation, qui necessite d’etre completement lucide dans l’analyse du terrain, qui s’adresse a une minorité de chez minorité, qui est tres peu utile et qui pourrait peut etre etre dangereux dans certaines situations-→ pourquoi quatre étoiles alors ??? et pour quelle raison decider de l’avoir en fond de sac ?

    Sportivement

    Dsl si ca fait un peu coup de guele, j’adore quand meme vous lire

    Loïc

    • Olivier dit :

      Bonjour Loïc
      merci de votre commentaire. Nous respectons votre avis mais vous laissons toute la responsabilité de vos jugements sur les différents systèmes évoqués 🙂

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