Rupture de poulie : que peut la chirurgie ?

rupture de poulie escalade
La rupture de poulie est l’une des blessures les plus impressionnantes et les plus invalidantes en escalade. Sa survenue brutale et son “clac” caractéristique, audible par le grimpeur et parfois même par son assureur plusieurs mètres en contrebas, la font redouter de tous. Si la rupture partielle ne nécessite pas d’intervention chirurgicale, la rupture totale, elle, ne fait pas de cadeau…

La rupture de la poulie du canal digital est une pathologie qui touche principalement les forts grimpeurs, notamment en raison des phases d’entraînement intensif et des surcharges répétées sur les doigts qu’ils s’imposent. Mais elle peut aussi affecter les pratiquants réguliers, en cas d’hydratation ou d’échauffement insuffisants. Elle est très douloureuse et nécessite plusieurs mois d’arrêt.

Les poulies sont des formations fibreuses qui maintiennent les tendons fléchisseurs plaqués contre la structure osseuse et améliorent leur action mécanique. En cas de rupture de poulie, les signes cliniques sont les suivants : claquement audible, douleur vive, gonflement important du doigt, impotence fonctionnelle et phénomène de la “corde de l’arc” lors des mouvements de flexion (le tendon n’est plus guidé et fait saillie sous la peau comme on peut le voir dans l’illustration ci-dessous).

Le plus souvent, les ruptures de poulie surviennent dans la position arquée et touchent plus volontiers l’annulaire ou le majeur.

poulie

Dans ce reportage diffusé dans Le Magazine de la Santé sur France 5, on peut voir le Pr Moutet, chirurgien spécialiste de la main au CHU de Grenoble, procéder à une opération de reconstruction de poulie, via la technique dite de Lister. Attention, certaines images sont susceptibles de heurter les âmes sensibles 😉

La technique consiste à prélever un greffon sur le dos du poignet. Il s’agit d’un fragment du ligament annulaire dorsal du carpe (LADC) qui est utilisé comme structure de remplacement à la poulie, afin de maintenir le fléchisseur au contact de la phalange lors des mouvements de flexion du doigt. Ce reportage, très bien fait, s’appuie sur le témoignage d’un grimpeur, Charles Bernasconi. Il explique les circonstances de la blessure et les suites de l’opération.

En savoir plus

Escalade : Pathologies de la main et des doigts, Sébastien Gnecchi, François Moutet, Éditions Springler, 2010

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3 réponses

  1. Bartas dit :

    Très bon article et très bon reportage. Précieux lorsqu’on est victime de cette blessure et à la recherche d’infos !!
    Pour ma part, après plusieurs mois d’arrêt suite à une rupture partielle (quasi totale…), je commence à retrouver des sensations dans le doigt lésé et à oser arquer à nouveau…mais dorénavant je suis bien plus prévenant avec mes chers petits doigts !!! 😉

  2. Laurent dit :

    Un grand bravo pour votre site! Pourriez vous faire un article sur la gestion de la reprise après une atteinte partielle de poulie? En vous remerciant encore pour tout vos articles.

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