Escalade et reprise en salle : les questions qui se posent
Peut-on retourner grimper en salle en toute sĂ©curitĂ© ? ConformĂ©ment Ă lâannonce de la phase 2 du dĂ©confinement, les salles ont rouvert. Bien sĂ»r, elles ont fait lâannonce des mesures sanitaires mises en Ćuvre pour lâaccueil du public et la protection du personnel. Alors, escalade et reprise en salle : comment ça se passe concrĂštement ? La Fabrique verticale fait le point sur les questions qui se posent.
Escalade et reprise en salle : quâen est-il ? Avec la phase 2 du dĂ©confinement, les salles dâescalade situĂ©es en zone verte ont commencĂ© Ă rouvrir. Dâailleurs la plupart des rĂ©seaux en ont fait lâannonce. Et ce dĂšs la fin du discours dâĂdouard Philippe. Avant mĂȘme les dĂ©crets dâapplication, et la mise en place dâun protocole officiel de reprise dâactivitĂ©.
Ainsi, jusquâĂ vendredi dernier, un certain nombre de questions Ă©tait encore en discussion avec le MinistĂšre des Sports et avec celui du Travail (pour le personnel employĂ© dans les salles). Notamment celle de la limitation du public et de lâobligation de la rĂ©servation par internet. Mais dĂ©jĂ , beaucoup de salles annonçaient leur rĂ©ouverture toute proche.

Escalade et reprise en salle : quelles sont les rĂšgles en France ?
Ă premiĂšre vue, les rĂšgles de rĂ©ouverture des salles en France semblent un peu moins contraignantes que dans les autres pays europĂ©ens. Câest dâailleurs ce quâon observe dans les autres secteurs, comme la restauration, les loisirs, le tourisme⊠Mesures sanitaires proportionnelles au risque, pour tous, clients et professionnels, consubstantielles de lâĂ©conomie quâil faut sauver et promouvoir.
Par exemple, dans les mesures mises en place dans les diffĂ©rents rĂ©seaux de salles en France, le masque nâest pas toujours obligatoire. Parfois, il nâest mĂȘme pas mentionnĂ©. Par ailleurs il nây a pas de prise de tempĂ©rature Ă lâaccueil, comme câest le cas en Italie. Cette rĂšgle, qui figure sur le protocole publiĂ© par la FASI, est appliquĂ©e de maniĂšre systĂ©matique, aux dires de tous les grimpeurs italiens que nous avons pu sonder Ă ce sujet.

Câest surprenant que ce ne soit pas le cas en France. Car finalement, ce serait une procĂ©dure pas trop compliquĂ©e Ă mettre en Ćuvre. Et qui non seulement serait de nature Ă rassurer les utilisateurs mais qui, en outre, couvrirait aussi le gestionnaire du point de vue de la responsabilitĂ©.
Les rÚgles officielles et les protocoles dans les réseaux
Mais, concrĂštement, quelles sont rĂ©ellement les mesures mises en place en France pour protĂ©ger les pratiquants et les employĂ©s ? Le MinistĂšre des Sports a publiĂ© sur ce sujet un document qui en donne les grandes lignes. Tout comme les grands groupes de salles dâescalade ainsi que la FFME.
En ce qui concerne les protocoles de reprise dâactivitĂ©, en voici les dĂ©tails qui peuvent varier lĂ©gĂšrement dâune entitĂ© Ă une autre :
- FFME (ces rĂšgles sont celles qui vont sâappliquer dans les salles fĂ©dĂ©rales et en club. Mais beaucoup de salles privĂ©es, affiliĂ©es ou non Ă un rĂ©seau, y font aussi rĂ©fĂ©rence)
- Arkose (Le rĂ©seau nâa pour lâinstant rien publiĂ© sur son site web, en matiĂšre de protocole de reprise. Il faut dire que toutes les salles du rĂ©seau nâont pas rouvert, certaines Ă©tant situĂ©es en zone orange. Pour les autres salles, il faut se rĂ©fĂ©rer Ă ce qui est prĂ©sentĂ© sur les pages Facebook de chaque salle, par exemple ici)
- Altissimo (voir le détail ici)
- Climb Up (voir le détail ici)
- Block out (voir le détail ici)
- Vertical art (voir le détail ici)
- Bloc session (voir le détail ici)

Des différences selon les réseaux
Dans lâensemble, dâun rĂ©seau Ă lâautre, lâesprit reste le mĂȘme. Marquages au sol, paiement sans contact, pieds nus interdits⊠Mais il peut y avoir quelques diffĂ©rences. Par exemple, sur la reprise des cours collectifs, les distances Ă respecter, lâobligation de porter un masque ou encore la nĂ©cessitĂ© de rĂ©server. Aussi, selon les rĂ©seaux, les vestiaires peuvent ou non rester accessibles, mĂȘme si la plupart des salles recommandent Ă leurs usagers dâarriver en tenue.

Par contre, on observe partout la possibilitĂ© de louer de matĂ©riel, contrairement Ă ce qui est prĂ©conisĂ© chez nos voisins europĂ©ens⊠à La Fabrique verticale, nous avons trouvĂ© ce dernier point assez surprenant. Car cela ne va pas sans poser des problĂšmes de mise en quarantaine du matĂ©riel et/ou de dĂ©sinfection. MĂȘme si des produits spĂ©cifiques ont fait leur apparition, comme le DS+.
Escalade et reprise en salle : y a t-il des questions qui restent en suspens ?
Ă vrai dire, Ă La Fabrique verticale, nous avons reçu plusieurs messages de grimpeurs, sâinquiĂ©tant des conditions de la reprise dans les salles. Certes, pour ĂȘtre honnĂȘtes, ils tĂ©moignaient aussi du plaisir de pouvoir pratiquer Ă nouveau dans leur salle prĂ©fĂ©rĂ©e, aprĂšs 55 jours de confinement et dâentraĂźnement Ă la maison.

Car si les gestionnaires de salles, dĂ©sormais organisĂ©s en syndicat pour dĂ©fendre leurs intĂ©rĂȘts Ă©conomiques, se sont dit globalement satisfaits des discussions avec le MinistĂšre des Sports quant aux conditions de la reprise, certains pratiquants, eux, semblaient inquiets et dubitatifs.
Câest pourquoi nous avons dĂ©cidĂ© de publier cet article. Ă la fois pour rassurer et pour faire le point sur les diffĂ©rentes mesures mises en place dans les rĂ©seaux et sur leurs implications. Petite revue des questions les plus frĂ©quemment posĂ©es par nos internautes.
Escalade et reprise en salle : Les rÚgles de distanciation physique sont-elles vraiment appliquées ?
En thĂ©orie oui, puisque la rĂšgle des 4m2 par pratiquant doit continuer Ă sâappliquer. Dâailleurs, les grands rĂ©seaux de salle ont tous communiquĂ© sur le fait quâils allaient limiter le nombre de grimpeurs. Par exemple, dans les salles de voies, avec un couloir de corde (ou un relais) sur 2 qui est censĂ© ĂȘtre utilisĂ©. Ou dans les salles de blocs, avec des zones dĂ©limitĂ©es sur les tapis pour grimper ou circuler.

Mais dans les faits, comment faire appliquer ces prĂ©conisations ? Les gĂ©rants de salle vont-ils vraiment aller faire la police au pied des voies ou des blocs ? Ou compter sur le sens des responsabilitĂ©s de chacun ? Ăvidemment, tout va ĂȘtre affaire de diplomatie et de dosage. Car dâun cĂŽtĂ©, il faudra faire respecter ces rĂšgles, pour rassurer la partie de la clientĂšle qui reste frileuse. Et accessoirement Ă©viter de risquer une fermeture administrative.
Dâun autre cĂŽtĂ©, il faut bien aussi relancer lâactivitĂ© Ă©conomique. Donc veiller Ă avoir une frĂ©quentation suffisante. Et une clientĂšle qui prend du plaisir, sans ĂȘtre sans cesse rappelĂ©e Ă lâordre. Bref, câest un peu la quadrature du cercle, qui va sâobserver dâailleurs dans dâautres secteurs Ă©conomiques, en particulier ceux du loisir et du tourisme đ Avec peut-ĂȘtre un dĂ©calage entre le discours et la rĂ©alitĂ©âŠ
Comment sâopĂšrerait la traçabilitĂ©, si par malheur il y avait eu un cas de covid risquant dâavoir contaminĂ© les autres grimpeurs prĂ©sents ?
Le spectre dâun 2e vague, tant redoutĂ©e au moment du dĂ©confinement, semble sâĂ©loigner. Si bien quâon en oublierait presque quâil ne faut pas baisser la garde. Car concrĂštement, si les Ă©pidĂ©miologistes ne sont pas vraiment dâaccord pour expliquer le pourquoi du comment (saisonnalitĂ©, immunitĂ© croisĂ©eâŠ), il reste quâon nâa pas beaucoup de recul pour lâinstant. Mieux vaut donc rester humble et prudent.
Par consĂ©quent, la stricte application des mesures de sĂ©curitĂ© semble plus que jamais nĂ©cessaire. Car câest elle qui garantit que le nombre de cas ne reparte pas Ă la hausse. Dans cette mĂȘme logique, la question du traçage des cas contacts se pose. Nous nâĂ©voquerons pas ici lâapplication STOP covid, dont lâinstallation sur son smartphone est laissĂ©e Ă la libre apprĂ©ciation de chacun.

En revanche, concernant la reprise en salle, il semble nĂ©cessaire que le gestionnaire de la salle puisse ĂȘtre en capacitĂ© de dire qui Ă©tait prĂ©sent, Ă un instant T, dans ses locaux. Ă lâaide dâun registre par exemple. Ou mieux dâun systĂšme de rĂ©servation en ligne. Pour pouvoir prĂ©venir le cas Ă©chĂ©ant. Isoler les cas contacts. Et couper dâĂ©ventuelles chaines de contamination.
Escalade et reprise en salle : quid de la limitation du nombre de pratiquants ?
ConcrĂštement, dans les salles françaises, contrairement Ă ce qui se passe en Allemagne, aucune inscription en ligne n’est nĂ©cessaire avant dâaller grimper, Ă part chez Block Out semble-t-il. Le MinistĂšre des Sports souhaitait mettre en place un systĂšme de rĂ©servation prĂ©alable Ă faire sur internet. Les rĂ©seaux de salle ont fait pression pour que cette mesure soit retirĂ©e.

En fait, le systĂšme est un peu le mĂȘme quâen Suisse, basĂ© sur une responsabilisation des pratiquants. Ă ceci prĂšs quâil nây a pas en France de jauge pour lâoccupation maximale. En tout cas, aucun rĂ©seau nâa communiquĂ© de chiffres prĂ©cis sur cet aspect. Donc, câest plus une politique de sensibilisation du public qui est menĂ©e, pour inciter les grimpeurs Ă limiter leur durĂ©e dâactivitĂ©. Afin de permettre au plus grand nombre de venir pratiquer. Ainsi, on observe des crĂ©neaux recommandĂ©s de 1h30 Ă 2h, selon les salles.
Ă cet Ă©gard, en Suisse, pour que le systĂšme fonctionne, il est recommandĂ© de consulter sur internet l’occupation en temps rĂ©el des salles par rapport au taux d’occupation maximal. Afin d’Ă©viter d’avoir Ă attendre avant de pouvoir entrer. En France, plusieurs salles proposent ça. En effet, cela semble assez pertinent. Mais le grimpeur français est-il aussi disciplinĂ© et respectueux des autres pratiquants que le grimpeur suisse ? Surtout, les flux seront-ils les mĂȘmes ?


Les masques ne sont pas recommandĂ©s quand on fait du sport (problĂšmes pour respirer), et la mesure de tempĂ©rature est inutile (problĂšmes de variations individuelles + possibilitĂ© de faire baisser la tempĂ©rature avec un doliprane…).
Par contre les mesures genre « interdiction de marcher pieds nus » sont assez rigolotes : je ne crois pas que le virus passe par les pieds, et Ă priori on lĂšche rarement le sol ! Enfin, ça sera un bon point pour les odeurs, c’est dĂ©jà ça đ
Merci Esmeralda
Pour ce qui est de la température, cf. réponse à Romain.
Pour ce qui est des pieds : qd on met les chaussons, les mains touchent les pieds et si peu de personnes ont la dĂ©testable manie de se ronger les ongles des pieds, beaucoup portent souvent la main Ă leur bouche sans y penser… pensez-y đ
Bonjour,
Pour info: https://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=810
Merci Romain
Nous ne sommes pas compĂ©tents pour juger du bienfondĂ© de cette pratique. Nous tĂ©moignons seulement du fait qu’ailleurs, cette mesure est mise en place, suite Ă des avis de spĂ©cialistes, sans doute pas moins, ni plus compĂ©tents qu’ici… Tout au plus pouvons-nous dire que sur ce point lĂ , il n’y a pas encore de vĂ©ritĂ© tranchĂ©e. Il reste vrai cependant que la fiĂšvre est un des symptĂŽmes reconnus d’une infection.
Dans les mesures spécifiques anti-covid, est-ce que les salles mettent de la magnésie liquide à dispo ?