La Sportiva Jeckyl : le test

jeckyl La Sportiva
Les modèles de chaussons qualifiés d’intermédiaires sont destinés à des grimpeurs réguliers, novices éventuellement recherchant un niveau de performance correct sans sacrifier au confort. Ces critères diffèrent bien sûr des exigences de grimpeurs plus avertis ou experts. Ils sont cependant tout aussi essentiels au plaisir de l’escalade. Ce sont ceux auxquels nous avons accordé la plus grande attention lors du test des chaussons Jeckyl de La Sportiva.

Les Jeckyl font partie de la gamme Allround, située juste après la gamme Performance. On retrouve notamment dans ce segment les emblématiques Mythos, réputées pour leur confort polyvalent. En terme de performance, elles se placent un peu en dessous de ce modèle ou des Katana. Fabriquées sur les lignes de production de Ziano di Fiemme, dans les Dolomites, elles offrent ce qui est un standard des chaussons de la marque : la rigueur et la qualité du « fait-main ».

Les conditions du test

J’ai essayé les Jeckyl pour faire du bloc sur le pan, sur mur artificiel et en voies sportives dans un profil vertical, en grimpant du 6a au 7c.

Je chausse du 41,5 en pointure de ville et grimpe habituellement avec du 38,5. Pour ce test, j’ai utilisé des chaussons en taille 40, ne souhaitant pas sacrifier au confort.

ouverture portefeuille jeckyl

Conception

Les Jeckyl sont constitués d’une tige en Suède, perforée sur la languette et latéralement ce qui améliore le transfert de la transpiration vers l’extérieur. Ils ne sont pas doublés ce qui permet d’avoir un chausson à la fois près du pied (pour la précision) et confortable.

chaussons Jeckyl de La Sportiva

L’ouverture en portefeuille associée à deux velcros offre un chaussant particulièrement commode, d’autant plus que le tirant postérieur est d’une taille généreuse.

jeckyl La Sportiva

Ils sont équipés, comme les Genius ou les Katana, d’un intercalaire LaSpoFlex de 1,1 mm qui apporte de la tenue sur les appuis en pointe sans trop limiter le « flex » du chausson, nécessaire pour travailler des adhérences. J’ai ainsi pu rapidement placer les pieds à plat en toute confiance.

La semelle Vibram® SXEdge de 5 mm a été choisie pour ce modèle ; elle constitue en effet un bon compromis adhérence-résistance à l’usure. Je dois dire que j’ai été un peu gêné en début de test par l’épaisseur de la gomme, étant plus coutumier des 2-3 mm des Speedster ou Genius : les sensations sur les prises sont d’emblée moins fines. Toutefois, à l’usage et avec le début d’usure de la semelle, homogène, je ne peux pas dire que cela ait été un obstacle majeur à une grimpe précise, même sur des prises relativement petites.

Enfin : le poids des chaussons (pesés par nos soins), s’élève à 540 gr la paire en taille 40, ce qui est tout à fait dans la moyenne.

Forme

La forme des Jeckyl est légèrement asymétrique : pas trop ce qui laisse de la place aux orteils, suffisamment pour orienter l’appui vers le pouce. Pouce qui se place naturellement lors de l’enfilage grâce à la tension qu’exerce la classique bande de gomme oblique au niveau du talon.

Jeckyl La Sportiva

Ces chaussons sont plats ; on est bien très loin des cambrures du Testarossa. Leur programme  n’est cependant pas d’aller griffer dans les dévers !

Enfin, la semelle vient en arrière enrober le talon. Cette partie des Jeckyl, peu volumineuse et ne remontant pas trop haut sur le tendon d’achille, apparaît ergonomique, sans bulle venant se former entre le pied et le chausson.

Performances

Sur les prises en calage, type réglettes, les Jeckyl, grâce à l’intercalaire, procurent un appui sûr et même confortable (rappelons que la gomme a une épaisseur de 5 mm). Notons toutefois qu’en carre externe, le pied peut avoir un peu tendance à tourner : ceci est la conséquence de la forme du chausson d’une part (plate, elle laisse de la place aux orteils et donc du confort), et du positionnement du velcro, assez loin des orteils, d’autre part. Cette tendance peut néanmoins être réduite si l’on choisit une taille très ajustée.

Ils ne sont pas trop ronds en pointe, ce qui permet d’utiliser trous ou alvéoles dans la majeure partie des cas.

Globalement, on peut considérer le Jeckyl comme un chausson plutôt souple. Il se déforme assez facilement lorsqu’on tire le talon vers le bas, sur les bossettes par exemple ; on peut donc aborder les adhérences avec de la confiance.

Enfin, pour ce qui est des talons : pour un expert, cette partie des Jeckyl ne paraîtra pas assez efficace : à la différence de chaussons destinés purement à la pratique du bloc ou de l’indoor, la poussée du talon des Jeckyl sur le pied est modérée : c’est bon pour le confort mais constitue une limite sur des talonnages extrêmes. Nonobstant, leur forme ergonomique et près du pied permet d’utiliser ses talons dans des rétablissements par exemple avec une efficacité suffisante dans bien des cas.

Les Jeckyl : pour quels grimpeurs ?

Les Jeckyl ont un chaussant intermédiaire : ils conviennent donc à la majorité des pieds. Pour les pieds larges, la tige en suède légèrement extensible donne une petite marge.

Comme je l’indiquais plus haut, j’ai choisi une taille 1,5 cran sous ma taille de ville. Je pense que l’on peut aisément pousser jusqu’à 2 tailles, sans perdre du confort, pour viser une escalade un poil plus précise.

test des Jeckyl La Sportiva

Ces chaussons sont programmés pour le mur et les grandes voies : en effet, dans ces deux contextes, on appréciera particulièrement la facilité avec laquelle on va les chausser ou déchausser.

Dans les grandes voies, le large tirant postérieur sera en outre très apprécié pour accrocher les chaussons à un mousqueton lors des relais.

Comme indiqué en début d’article, j’ai utilisé les Jeckyl dans des voies allant jusqu’à 7c, sur une falaise très légèrement déversante : C’est à partir du 7b qu’ils m’ont paru atteindre leur limite. Pour ma part, je considère donc qu’ils sont intéressants aussi en falaise sportive : je les destinerais alors à des grimpeurs novices, déjà passionnés par la pratique et qui souhaiteraient des chaussons confortables mais possédant déjà un bon niveau de technicité. Les jeckyl, à la différence de modèles d’entrée de gamme, permettent par leur conception d’accéder et de ressentir plus vite différentes manières de poser les pieds.

Pour des grimpeurs réguliers, on a là des chaussons passe-partout, confortables, aérés et suffisamment robustes pour aller verrouiller quelques fissures.

Test Jeckyl La Sportiva

Les plus

  • Facilité d’enfilage et de déchaussage
  • Confort
  • Aération
  • Qualités de la semelle

À améliorer

  • Serrage et forme pour limiter les mouvements du pied dans le chausson
  • Tension du talon

Prix

Entre 90 et 100 €

Où les trouver

Les Jeckyl ne se sont malheureusement pas vendues en France. Ceci étant, il est tout de même possible de les trouver en vente sur le net ailleurs en Europe, chez Sportler ou Schuster.

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1 réponse

  1. Fabrice Accardi dit :

    Super l’article sur le test des chaussons ! Enfin une paire qui répond parfaitement à mes attentes, au moins sur le papier. Mais ils ne sont pas vendus en France …. pas cool d’avoir conclu l’article sur ce point. Une paire de chaussons via le net, même pas en rêve. Ne reste plus qu’à organiser une petite virée transalpine pour conclure l’affaire. 🙂 Merci pour les précieuses informations que vous nous délivrez.

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