Coros Vertix 2S : une montre connectée pour les grimpeurs

Les montres connectées promettent désormais bien plus qu’un simple suivi de performance : elles deviennent de véritables outils d’accompagnement pour l’entraînement et le suivi physiologique des grimpeurs. Poussée par la curiosité, La Fabrique verticale a testé la Coros Vertix 2S, une montre connectée robuste et pensée pour les grimpeurs. Entre ergonomie repensée, fonctions dédiées et autonomie impressionnante, retour sur une expérience qui confirme son potentiel en terrain vertical.
Escalade, sport connecté ?
Depuis 9 mois je porte une montre connectée. Pour anecdotique que soit cette information, il n’en reste pas moins que c’est un événement majeur pour moi, qui n’ai pour ainsi dire jamais porté de montre tout court !!
Mais ayant écrit sur l’usage des objets connectés en escalade et étant un peu geek sur les bords, lorsque j’ai vu des posts IG de Stefano Ghisolfi où on le voyait grimper avec sa montre au harnais, rattachée à un mousqueton spécial, j’ai forcément été intrigué. Puis, après avoir identifié celle-ci, une Coros Vertix 2S, je m’en suis procuré une.
Après 9 mois de test, lors desquels j’ai porté la Vertix 2S en permanence, voici donc mes impressions.
Avertissement : Vous ne trouverez pas dans les lignes qui suivent un test exhaustif de la Coros Vertix 2S. Ceux que cela intéresse pourront consulter cette très bonne revue.
J’adopterai uniquement le point de vue d’un grimpeur, curieux de l’usage possible d’un tel accessoire dans sa pratique sportive, entraînement physique et escalade.
Background
Le boom de l’escalade a inévitablement impacté le marché des montres connectées. Depuis plusieurs années, Les principales marques ont ainsi intégré à leurs modèles « aventure » des fonctionnalités adaptées à l’escalade. Force a été de constater, au travers de plusieurs retours d’utilisateurs de notre entourage, que ce n’était pas abouti, loin de là. Imprécision dans les relevés d’activité, manque d’indicateurs sur l’intensité des séances… Bref, on ne peut pas monitorer l’escalade, sport de force par excellence, comme on le fait en trail ou en cyclisme.

Et puis Coros est arrivé
Avec la Vertix, puis la Vertix 2S, la marque propose une montre d’aventure qui cible les montagnards au sens large du terme, des ultra-traileurs aux alpinistes en passant, donc, par les grimpeurs. Parmi les arguments qui porte ce modèle, notons sa solidité bien-sûr, sa résistance aux écarts de température, ou encore sa très grande autonomie qui lui permet de vous accompagner sur des activités de plusieurs jours.
Une des principales avancées qui est mise en avant par la marque est l’emploi d’une nouvelle technologie GPS, nommée GNSS double fréquence, associée à un algorithme plus efficace qui permet de suivre avec plus de précision les déplacements verticaux dans des environnements que n’affectionnent généralement pas les GPS existants, falaises ou zones encaissées comme des canyons.
Données biologiques
La VFC, la saturation en oxygène, les scores de sommeil, la récupération ou la charge d’entraînement font bien entendu partie des variables dont le recueil puis l’extrapolation sont notamment permises par un capteur optique, dernière génération. L’utilisation du capteur de FC Coros, qui se présente sous la forme d’un brassard, améliore d’ailleurs grandement le recueil de celle-ci lors des activités physiques.

Widgets et personnalisation
Comme sur la plupart des montres de ce segment, on a aussi accès à une grande diversité de widgets qui permettent d’optimiser au quotidien l’utilisation de la montre. Citons dans le désordre : baromètre, altitude, notifications, lever, coucher du soleil, plans d’entraînement…
Et puis chacun pourra sans problème personnaliser le cadran de sa montre, pour en faire un objet singulier.
Pour rester sur ce plan, comme je porte la montre sur le poignet gauche, j’ai particulièrement apprécié de pouvoir tourner l’écran et le configurer de telle sorte que les boutons soient situés côté gauche (et donc pas susceptibles d’être activés lors de la flexion du poignet).

Une montre optimisée pour les grimpeurs
Ma première expérience avec une montre connectée en escalade s’est faite avec une Su….o. Et je dois dire que grimper avec cet élégant objet au poignet m’est tout de suite apparu comme parfaitement incongru et malcommode, même si les fissures ne sont pas les lignes que je fréquente le plus souvent. Bref…
C’est pourquoi le dispositif proposé par Coros pour pouvoir emporter une montre sur son harnais, tout en recueillant certaines données physiologiques grâce au brassard, capteur de FC a radicalement changé la donne.

Alors oui, cela nécessite, au début de chaque session, d’enlever le bracelet afin de loger le boîtier dans le réceptacle du mousqueton, puis de faire la manip inverse avant de quitter la salle ou la falaise. Mais ces opérations se fondent sans difficultés aux autres petites routines.
Des ambassadeurs réputés
Pour pénétrer le marché des grimpeurs Coros s’est appuyé sur des grimpeurs de renom comme Stefano Ghisolfi, Babsi Zangerl et Jacopo Larcher. Et pour ceux qui suivent l’actualité, il n’aura peut-être pas échappé que lors de leur réalisation de la triple Crown du Yosemite, Laura Pineau et Kate Kelleghan étaient équipées de Vertix 2S.
Il est d’ailleurs possible de charger des séances proposées par certains de ces athlètes sur le Training Hub de Coros. Bon, rien de très évolué de mon point de vue. Mais cela peut constituer une base de départ intéressante pour créer ses propres séances.
Les modes dédiés à l’escalade
Sur la Vertix 2s, 3 modes ont été développés à destination des grimpeurs et alpinistes, allant du bloc à la réalisation de courses sur plusieurs jours.
Le mode « Bloc »
Ce mode vous permet d’enregistrer puis d’analyser vos séances de bloc. Après avoir défini votre échelle de référence (V ou Font), vous avez juste à déclencher la montre avant chaque essai, puis mettre en pause et noter le résultat (enchaîné à-vue, flash, après-travail, ou essai), dès votre retour au sol. Pour ceux dont le système de référence est celui des couleurs de bloc, il sera nécessaire de vous risquer à donner une cotation « conventionnelle » ; ce qui est un petit jeu très formateur.

Le mode « Escalade en salle »
C’est le mode que vous utiliserez pour grimper sur corde, en salle, mais aussi en falaise sur des couennes d’une longueur.
Comme pour le bloc, vous définissez une fois pour toute votre échelle de référence (française, UIAA…), puis, une fois la séance démarrée, la montre va enregistrer différentes données. Vous pouvez alors analyser votre séance sur la base du nombre de runs réalisés, les chutes ou les réussites, la hauteur cumulée et bien sûr les niveaux de difficulté que vous aurez essayés. Si vous avez utilisé le brassard, vous aurez en plus l’évolution de votre fréquence cardiaque tout au long de la séance.
Comme en bloc, chaque fois que vous redescendez au sol, vous devez renseigner le résultat de votre run (réussite à-vue, flash, ou après-travail, ou essai) et la cotation de la voie.

En pratique, lorsque le sol est plat, c’est très simple. Une fois la séance démarrée, la montre déclenche automatiquement l’enregistrement d’une nouvelle voie, peu après que nos pieds ont décollé du sol (soit 1 à 2 mètres). Dès que nous redescendons, un bip discret nous invite à renseigner la difficulté de la voie et sa réussite éventuelle.
Par contre – et c’est souvent le cas en falaise – dès lors que le sol est en pente et que, sans pour autant grimper, on se déplace tant soit peu verticalement, alors la montre déclenche l’enregistrement d’une nouvelle voie. C’est en quelque sorte le revers de la grande sensibilité au mouvement. Et Coros a pris en compte ce paramètre. Puisque dans ce cas comme en cas de faux départ, il est possible d’enregistrer l’événement comme n’étant pas une ascension. Mais c’est tout de même assez agaçant. La parade a donc consisté pour moi à mettre le programme en pause dès que je suis au sol, lorsque ce dernier est un peu en pente.

Parmi les données recueillies lors de l’ascension, figurent les chutes (nombre et hauteurs). Il est bien spécifié par Coros que les chutes, lors de l’escalade en moulinette, ne sont pas repérables. À cause de leur amplitude réduite. Il en va de même lorsqu’on travaille une voie et que l’on se fait prendre sur la corde pour travailler un passage bien précis. C’est donc un paramètre qui, en l’état n’est guère exploitable. Quant à la hauteur des vols, j’ai passé l’âge de sauter depuis le relais de Ténéré en ayant enlevé la dernière dégaine (ceux qui ont la réf apprécieront), cela ne m’intéresse pas vraiment.
Quoiqu’il en soit, cela révèle un axe de développement qui serait très utile. À savoir que j’aimerais beaucoup, après une séance, pouvoir corriger certaines variables depuis l’application. Soit parce que j’ai fait une erreur, par exemple en indiquant la cotation d’une des voies essayées. Soit pour compléter des variables mal enregistrées par l’appareil.
C’est le cas sur d’autres types de montre. Et étant donné la fréquence des mises à jour des micro-logiciels, je n’ai guère de doutes sur le fait que cela soit prochainement proposé par Coros.
Le mode « Escalade extérieure »
C’est le mode que l’on va activer pour une journée de grande voie ou une course d’alpinisme. Très complet, il intègre en plus de la partie escalade toutes les phases, depuis l’approche, jusqu’à la marche retour en passant par les rappels le cas échéant.

C’est dans ce contexte d’utilisation que le nouvel algorithme COROS, associé à la technologie satellite à double fréquence, présente un intérêt particulier. Et pour ce que nous avons pu observer, lors de courses en montagne cet été, ou de journées grande voie en Espagne, le tracé GPS s’est révélé plutôt fidèle.
La Vertix 2S pour l’entraînement
Comme tous les objets connectés, la Vertix 2S est un outil qui fournit des données brutes ou traitées selon un algorithme propriétaire à son utilisateur. Charge ensuite à chacun d’utiliser les données qui sont pertinentes au regard de son activité, de son sport, puis de les analyser.

Pour toutes les activités type course à pied, randonnée, trail etc. la COROS Vertix 2S est dans le haut du panier des montres connectées. Fiabilité des mesures de localisation, précision des données cardiaques, très grande autonomie… Autant d’arguments qui l’ont fait choisir par de nombreux athlètes de ce type de disciplines. Lors de l’UTMB 24, plus de 40 % des coureurs parmi les 30 premiers ont utilisé des COROS.

Il en va différemment pour les disciplines comme l’escalade où les facteurs principaux de la performance sont la force et, au niveau local (les avant-bras) les capacités de re-perfusion musculaires lors et après un effort de résistance.
Certes, lorsqu’on fait un run dans une voie au max, notre fréquence cardiaque augmente et peut atteindre des valeurs relativement élevées. Mais cette élévation résulte plus de facteurs mécaniques (fortes contractions isométriques, augmentation de la pression intrathoracique) et de l’influence adrénergique (sécrétion d’adrénaline et de noradrénaline).
Alors quid de l’intérêt de porter une montre connectée ?
Après plusieurs mois de tests, eh bien je continue à porter et utiliser la Vertix 2S lors de ma pratique physique (course à pied, musculation, natation, escalade). Et l’intérêt que j’y trouve est pluriel.
En escalade
Lorsque je grimpe, La Vertix 2S me permet d’appréhender mon volume de pratique de façon relativement précise. Je trouve par exemple commode, lorsque je fais du bloc, de ne pas avoir à noter le nombre de runs sur un bout de papier. Et puisque je grimpe en général sans chronomètre, je peux a posteriori vérifier si les temps de repos que je prends spontanément sont suffisants ou pas.
Idem pour ce qui est de l’escalade en falaise, c’est un moyen simple de compiler les longueurs réalisées sur une période de plusieurs semaines ou plusieurs mois.

D’une séance à l’autre, je vais pouvoir intégrer les progrès ressentis par l’entremise de la perception de l’effort.
Cependant, je ne vais pas m’appuyer sur les données de charge proposées par l’appareil, étant donné qu’elles se fondent sur un calcul intégrant la fréquence cardiaque d’effort. Je préfère m’appuyer sur l’observation de ma variabilité cardiaque, plus révélatrice de mes niveaux de fatigue générale et de récupération.
Musculation
Les dernières mises à jour réalisées par COROS dans le domaine de la musculation rendent l’utilisation de leurs montres beaucoup plus fonctionnelle. Il est en effet possible, suite à chaque série, de corriger si besoin le nombre de répétitions et la charge additionnelle lorsque celle-ci évolue. C’est très appréciable pour les mouvements qui par nature sont mal détectés par la montre. C’est le cas pour les tractions ou les pompes, où le poignet ne bouge quasiment pas.
COROS propose une « carte de chaleur ». Elle permet d’embrasser d’un coup d’œil les priorités données à telle ou telle partie du corps. En tant que grimpeurs, on apprécierait de pouvoir préciser un peu plus les zones ; Et donc distinguer bras et avant-bras.

Course à pied, vélo et natation
C’est LE domaine d’excellence des montres connectées. Et donc comme pour l’ensemble des activités « cardio », je peux recueillir des informations pertinentes sur mes progrès.

Pour conclure
L’usage des montres connectées s’est clairement banalisé aussi bien dans les milieux sportifs qu’au sein de la population générale. Et, pour ne parler que de l’activité physique, la quantité d’informations que peuvent fournir ces objets est très élevée. Et enthousiasmante pour quelqu’un qui est séduit par la technologie, ce qui est un peu mon cas !
Malgré cela, lors de ma pratique physique, ou dans la vie courante, les feedbacks (niveau de forme, fatigue, stress), que je priorise proviennent de mes sensations. Avec l’expérience celles-ci sont de plus en plus fines [lien article récup]. Ce que m’apporte la Vertix 2S, ce sont alors des indicateurs qui, souvent, vont corroborer mon ressenti. Ceci dit, pour un athlète en devenir, la montre connectée peut donc être d’une aide précieuse, justement pour accompagner « l’apprentissage des sensations ».
Par ailleurs, l’usage de la montre connectée me donne aussi la possibilité de réunir, sur un même support, des informations relatives à toutes mes activités. Et j’apprécie en définitive de pouvoir, à partir de l’appli, aussi bien revisiter des séances particulières qu’avoir une vue d’ensemble sur mon niveau d’activité physique sur des périodes données.

En résumé
Ce que j’adore
- L’autonomie
- L’ergonomie de l’interface
- Le mousqueton
- Les mises à jour régulières
- Le Hub entraînement
- La variété des modes sports
Les pistes d’amélioration
- Pouvoir corriger certaines données de séance a posteriori
- L’épaisseur de la montre (passage de manches parfois délicat)
- Pouvoir ajouter des images aux séances
- Algorithme du calcul de charge pour les sports de force

Bonjour, vous pouvez ajouter des photos aux séances sur l’application COROS 🙂