Grimpeurs : connaissez-vous le Lattice Board ?

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Bien connu des Anglo-Saxons, le Lattice Board est un outil d’entraînement et d’évaluation en escalade. Mis au point par le grimpeur Tom Randall, le Lattice Board se présente sous la forme d’un pan en dévers équipé d’un quadrillage en bois, formé par des lattes obliques. La Fabrique Verticale vous en dit plus.

Imaginez un pan en dévers, équipé de lattes en bois. Avec des prises de diverses épaisseurs, qui se croisent. Un peu à la manière d’un treillis en osier placé le long d’un mur pour accueillir des plantes grimpantes. Et ça tombe bien, c’est justement le sens du mot “Lattice” en anglais, “treillis” !

Tom Randall a construit le premier Lattice Board en 2009. Les grimpeurs qui fréquentent la salle Block Out 3 à Evry noteront une certaine ressemblance avec le méga Pan Gullich en croisillons que l’on trouve au fond de la salle. Sauf que dans le cas du Lattice Board, les croisillons sont orientés uniquement de manière oblique, aussi appelé Pan Dutray. Et qu’il s’agit d’un pan où l’on pose aussi les pieds,plus que d’un méga Pan Güllich !

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Très systématique, il permet, un peu à la manière du System Board, de reproduire des mouvements de manière symétrique. À première vue, donc, l’outil rêvé des Stakhanos de tout poils ! Mais par rapport au System Board, le Lattice Board reste relativement rudimentaire. En effet peu de préhensions et d’orientation de prises sont représentées.

Le Lattice Board, un outil au service de la planification

Pour Tom Randall, l’idée de départ, c’était surtout de construire un outil d’analyse. Il s’agissait d’évaluer de manière systématique les progrès accomplis au cours d’une période d’entraînement. Il a donc mis au point ce Lattice Board pour standardiser des situations. Et il a commencé à collecter des données en faisant passer dessus, à intervalles réguliers, des bloqueurs, des falaisistes et des compétiteurs de haut niveau.

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Le recueil de données dure environ 2 heures. Il est réalisé sur un Lattice Board installé à Sheffield ou sur l’un des 6 panneaux installés au Royaume-Uni. Les résultats sont moulinés et croisés avec les données de tous les grimpeurs qui ont réalisé les tests depuis 7 ans. Des centaines de grimpeurs ont déjà été évalués, ce qui est gage de résultats significatifs d’un point de vue statistique.

Tom Randall explique que le Lattice Board permet de mesurer de manière très spécifique et dans le geste : la force maximale en tenue de prise, la puissance, l’économie de placement, la capacité aérobie et anaérobie. Jusqu’à présent, ont été évalués des grimpeurs dont le niveau est compris entre 7b+ et 9a+ en voie, et 6C et 8C en bloc. Ceci est bien sûr plus représentatif du haut-niveau que de la moyenne des pratiquants.

Cependant, en inclinant un peu moins le Lattice Board, Tom Randall et son équipe prévoient de faire évoluer les tests pour pouvoir prendre en considération un plus large panel de grimpeurs.

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Le Lattice board dans le futur

L’idée de proposer un outil permettant d’évaluer les points forts et les points faibles des grimpeurs est intéressante. Et elle est d’ailleurs bien dans l’air du temps. Stay tuned ! Plusieurs fabricants de prises et d’agrès d’entraînement planchent actuellement sur le sujet. Nous vous avions d’ailleurs présenté l’an passé une plate-forme d’évaluation assez complète, la Kraftolizer. Et d’autres belles nouveautés sont bientôt à venir.

Le Lattice Board, précurseur en la matière, risque d’être très prochainement un peu dépassé. Et ce en raison de l’encombrement requis et surtout de la nécessité de se déplacer à Sheffield ou au Royaume-Uni pour passer les tests. Mais il aura eu le mérite de permettre de commencer à explorer cet univers. Et de faire avancer un peu le schmilblick au niveau entraînement !

Et Tom Randall espère voir fleurir d’autres Lattice board dans le Monde, dans les années à venir. C’est déjà un peu le cas aux US où plusieurs salles privées ont fait la démarche de s’équiper. Si ce genre d’outils se généralise, c’est de toutes façons une excellente nouvelle. Car cela offrira aux entraîneurs des outils d’analyse et d’évaluation spécifiques et motivants, permettant le recueil de données. Et qui plus standardisés, afin de mettre en commun les connaissances ! Il n’est pas interdit de rêver 😉

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