Sécurité en escalade : maîtrisez la manœuvre de maillon

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C’est l’été. Peut-être en profitez-vous pour grimper en extérieur. Mais êtes-vous au point sur les manips ? Lorsqu’on grimpe en salle d’escalade, on évolue dans un environnement très sécurisé. Les dégaines sont proches les unes des autres. Les relais sont standardisés. Et il suffit, en haut des voies, de passer la corde dans les deux mousquetons prévus pour redescendre tranquillement en moulinette…

En fait, pour aborder l’escalade en tête dans une salle, il n’est besoin que de savoir s’encorder. Puis bien sûr d’apprendre à mousquetonner les dégaines correctement. Il faut aussi comprendre comment assurer un leader et dynamiser sa chute au besoin. C’est tout un apprentissage de la sécurité, qui est bien évidemment capital.

À ce bagage, il est nécessaire d’ajouter – dans un premier temps – une nouvelle compétence si vous souhaitez goûter à fond des plaisirs de l’escalade en tête sur du vrai rocher. En effet, sur la plupart des falaises, vous ne trouverez pas de mousquetons au sommet des voies. Mais plutôt des relais équipés de maillons rapides sur lesquels s’effectueront les descentes.

epi-escalade-maillon rapide-peguet-twistIl faudra donc être capable d’y faire passer votre corde de manière sécurisée, grâce à la classique manœuvre dite « de maillon« . Cette manip effectuée, votre second pourra vous redescendre en toute sécurité. Et vous pourrez récupérer vos dégaines au passage. Car contrairement à la salle, en extérieur, les dégaines, sauf exception (dans les voies dures par exemple), ne restent pas à demeure sur les points d’ancrage.

La manoeuvre de maillon en vidéo

Dans la vidéo que nous vous présentons ci-dessous, nous vous proposons deux méthodes pour la manoeuvre de maillon. Elles se valent du point de vue de la sécurité. Pour notre part, à La Fabrique verticale, nous préférons la première option, plus rapide. Les deux valent toutefois d’être maîtrisées. Par exemple, au cas où vous rencontreriez des maillons très petits (qui sont heureusement de plus en plus rares) !

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17 réponses

  1. Puiseux dit :

    La variante numéro 2 devrait être déconseillée, car elle demande plus de manipulations, donc plus de risque de se tromper. Surtout dans l’étape de ré-encordement, la confection d’un noeud en huit est délicate et source d’erreur en situation de stress.

    • Olivier dit :

      La réalisation du nœud de huit est un prérequis à l’escalade. C’est en général le premier nœud qui est enseigné et automatisé. En effet, vous avez raison, aucun enseignant ne s’aventurera à demander à un néo pratiquant – qui ne maîtrise pas le nœud d’encordement – de se désencorder puis de se réencorder de manière autonome au sommet d’une voie qu’il aurait réalisé – en tête donc, après qu’un tiers l’ait encordé avant son départ 🙂

    • Christine dit :

      Pour ma part, j’ai d’emblée préféré la n°2 car je craignais moins de me tromper en la réalisant. Probablement parce qu’elle reproduit l’encordement de base. En revanche, c’est une manip un peu longue : il ne faut pas être dans une situation d’urgence.

  2. Xav dit :

    Sur la variante 1 heureusement que la voie ne fait pas 25m àvec une corde de 50m… Pourquoi ne pas la faire complètement et refaire son noeud d’encordement en bout de Corde ?

    • Olivier dit :

      En effet la variante 1 consomme un peu de corde. En étant longé au plus proche du maillon rapide, on peut estimer un minima autour de 1 mètre…

  3. Danh dit :

    Attention, la variante 1 n’est bonne que si les deux points du relais sont reliés par une chaîne

    • Olivier dit :

      La variante 2 aussi. Et le relais qui est visible sur la vidéo est bien un relais de type standard, que les grimpeurs retrouveront sur la plupart des sites sportifs.

      • Timothée dit :

        Je trouve dommage que dans ces vidéos aucune dégaine ne soient posée au relais. Toutes ces manip de corde servent à sécurisé le grimpeur dans le cas où le relais lâche (très peu probable) ou la longe lâche ( plus probable). Dans ce dernier cas si aucune dégaine est au relais, certes le grimpeur est sauf mais il se prend un beau vol jusqu’au précédent point avec potentiellement le risque de se blesser !

  4. Quentin dit :

    Super vidéo très claire, sinon un noeud d’arrêt après le noeud de huit, c’est obligatoire selon la ffme.
    +1 pour une vidéo du même tonneau sur les manips de relais en grandes voies.

    • Olivier dit :

      Merci. Pour le nœud d’arrêt, petite précision : si le nœud de huit est correctement serré, il n’y a pas besoin de nœud supplémentaire. La FFME préconise en effet un nœud d’arrêt, afin de garantir que le brin en sortie de noeud est suffisamment long (10 x le diamètre de la corde minimum).

  5. Julien dit :

    Bonjour,
    Merci pour cette vidéo. Mais pourquoi n’est-elle pas en HD ?

    La FFME en a réalisé une du même genre (https://www.youtube.com/watch?v=L6-nRIlehD0), il propose le réencordement après la manip de maillon (variante 1) pour pouvoir pourquoi pas travailler un passage à la descente. Qu’en pensez-vous ?

    +1 également pour une vidéo des manip de relais en grandes voies.

    Merci pour votre travail, à bientôt.

    • Olivier dit :

      Bonjour et merci pour votre commentaire.
      Dans l’exemple que vous évoquez (travail de mouvements d’une voie lors de la descente), que risque-t-il de se produire si on adopte la méthode 1 ? Lorsque le grimpeur va regrimper pour essayer des mouvements, le système ne sera plus sous tension. IL y aura alors le risque que lors d’une chute ou lorsque tout simplement l’assureur rebloquera à nouveau le grimpeur, le mousqueton de sécurité ait pivoté d’un 1/4 de tour et que la tension s’exerce par exemple de manière transversale à celui-ci, la corde étant coincée par le doigt. Si donc le grimpeur prévoit de regrimper lors de sa descente, pourquoi ne pas anticiper et faire directement la manoeuvre 2 ? Car (pour ce qui est montré dans la vidéo que vous citez), le fait de se réencorder derrière le mousqueton de sécurité n’empêchera pas celui-ci de se mettre en travers en cas d’allègement…

  6. Jb dit :

    Bonjour et merci pour cette vidéo.

    2 conseils supplémentaires de sécurité :

    1) Pour la variante 2, mettre une dégaine sur le second ancrage pour réduire la chute en cas de rupture du point ou de la longe (cela est aussi valable dans le cas où le relais est composé de 2 points non reliés).

    2) Pour la variante 1, utiliser le mousqueton de la longe pour le mettre en opposition du premier qui relie le nœud de huit au pontet.

    • Olivier dit :

      Merci pour votre commentaire.
      J’attire cependant votre attention (par rapport à votre première remarque), que si le relais ne compte pas deux points reliés, il faut faire en sorte de relier ces deux points avant d’envisager une descente : cela passe par l’usage d’une sangle afin de trianguler ou (plus courant) par le fait de faire passer la corde dans les deux points s’ils sont équipés de maillons rapides tous les deux. En outre si je comprends bien votre souci sécuritaire, il ne faut pas oublier que parfois le mieux est l’ennemi du bien : trop de redondances peut aussi conduire à des confusions dans les manœuvres. Il en va ainsi de la deuxième dégaine : sur les relais de sites sportifs, les probabilités de voir un relais rompre, ou de déplorer une rupture de longe (sauf si elle faite d’un vieux lacet, alors là…) sont extrêmement réduites. Et rajouter une dégaine sur l’autre ancrage, celui où se trouve donc le maillon rapide, peut entraîner telle confusion lors du passage de la corde (déjà vu : j’en parle donc en connaissance de cause).

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