Travail de voie : comment gérer la frustration ?

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Frustration. Si vous avez déjà travaillé une voie, vous avez sans doute déjà connu cela. Vous essayez et essayez sans cesse votre projet… Et vous tombez toujours au même mouvement ! Pas toujours facile, surtout pour le moral. Heureusement, La Fabrique verticale vous donne quelques astuces pour rester positif.

Le travail de voie est générateur de progrès. En effet, en tentant une voie au-dessus de son niveau à vue, on sort de sa zone de confort. On est confronté à des mouvements en force max. On doit s’adapter à des situations nouvelles, trouver des solutions techniques, etc. Dans la première phase de travail, on est d’ailleurs souvent dans cet état d’esprit. Car entrent en jeu à la fois la notion de challenge et le plaisir de la découverte.

Frustration, quand tu nous tiens…

Mais, petit à petit, au fur et à mesure des tentatives, il arrive que la motivation s’émousse. Et que l’enthousiasme des premières séances laisse la place à de la frustration. Surtout quand la réalisation ne vient pas et que les échecs successifs ne font que mettre en évidence des points faibles que vous connaissez déjà.

Les méthodes sont maintenant bien calées. Vous savez comment réaliser tous les mouvements, quand mousquetonner, où temporiser, etc. Mais vous n’arrivez pas à enchaîner. Pire, vous tombez toujours au même mouvement, voire en-dessous. Il arrive alors qu’on se laisse envahir par des pensées négatives. Par cette petite voie intérieure, bien fourbe, qui instille le doute. C’est ce qui m’est arrivé avant d’enchaîner Nobody’s perfect, 8c.

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Voici donc quelques astuces que j’ai expérimentées, pour dépasser la frustration et revenir à l’essentiel

Se donner du temps

Vous avez un train à prendre ? Qui vous impose d’enchaîner cette voie au plus vite ? Votre égo ? Vous n’êtes pas votre égo et il n’y a aucune urgence. La voie ne bouge pas ! Vous demandez peut-être comment font les meilleurs falaisistes. C’est la question que je me suis posée aussi. En fait, si besoin, ils n’hésitent pas à faire des centaines d’essais.

Ils retournent, encore et encore, dans le même bloc, la même voie, la même section… Par exemple, pour enchaîner The Lapnor project (le 1er 9A bloc), Nalle Hukkataival a consacré 4 ans et d’innombrables essais. Et avant de faire le 1er 9c de l’Histoire, Silence, Adam Ondra raconte qu’il a essayé plus de 2000 fois la séquence clef… Ça met bien les choses en perspective ! Bref, il faut savoir persévérer.

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Se centrer sur les apprentissages plus que sur le résultat

Persévérance oui. Mais attention ! Celle-ci peut parfois tourner à l’obstination bête et méchante. Pour se garder de cet écueil, il est important de se centrer sur ce qu’on apprend au fil des essais. Et ne pas regarder le résultat immédiat. La chute vécue comme une sanction et synonyme d’échec !

Car essayer encore et encore une voie, même si on ne la fait pas, peut rester un réel plaisir. À conditions de prendre conscience des progrès physiques et techniques, même infimes, que l’on réalise au fil des essais. Il est rare qu’il n’y ait rien d’intéressant à retenir d’une montée dans une voie. Et noter toutes ces petites victoires quotidiennes dans un carnet aide à en garder la trace. On peut alors s’y replonger quand la motivation flanche.

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Chasser les pensées négatives

Quand on tombe pour la trentième fois dans le même mouvement, c’est très facile d’être frustré. On commence à gamberger. À se dire qu’on n’est pas assez fort, qu’on n’a pas le niveau, qu’on est largué. Quand ces pensées commencent à surgir, il est important de savoir les identifier et les remettre à leur place !

Prendre de la distance par rapport à son égo

C’est souvent l’égo qui murmure ces petites phrases qui déstabilisent. À vous de ne pas lui laisser prendre le contrôle. Car il ne fait vraiment pas avancer le schmilblick. Il ne fait que détourner votre attention de sa tâche principale, qui est de se concentrer pour enchaîner la voie. Ces pensées sont normales, humaines. Il n’y a pas à se blâmer pour autant. Mais il est important de les reconnaître. Pour ne pas les laisser vous distraire.

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Se concentrer sur la tache

Pour enchaîner une voie à votre limite, vous devez mettre toutes les chances de votre côté. Et gérer parfaitement l’effort. Être attentif à la respiration, au rythme, à la gestuelle. Serrer les prises juste ce qu’il faut. Savoir forcer à 200% dans les mouvements durs, se relâcher ensuite, si c’est possible. Bien poser les pieds, clipper au bon moment et sans hésitation, etc. Pour réaliser tout ceci, votre cerveau doit se concentrer sur sa tâche, sur la succession des tâches. Une tâche à la fois.

Garder en tête la notion de plaisir

Last, but not least ! Le plaisir ! Tant que vous prenez du plaisir à tenter une voie, que vous en retirez de la satisfaction, no problem. Si ça devient problématique, n’hésitez pas à faire une pause pour mieux y revenir !

Voir aussi les conseils d’Alex Megos : faire la croix vite et bien !

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1 réponse

  1. 17 janvier 2019

    […] avons abordé récemment la question de la frustration dans le long processus du travail d’une voie à sa limite. Et la […]

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